Winchester Boys

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 En territoire ennemi

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vane
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MessageSujet: En territoire ennemi   Dim 10 Jan - 17:57

En attendznt ma derniere fic inedite, je vous mets celle ci qui fait une dizaine de chapitres. Bonne lecture ! alors elle se passe lors de la saison 4 mais on oublie lulu, l'apocalypse&co pour une bonne vieille chasse !

Résumé : Quel chemin prendre lorsque vous vous embarquez sur un territoire ennemi? C'est ce qu'on vont découvrir les frérots mais comment chasser ce qu’on ne connaît pas ? Et c’est d’autant plus difficile quand les fantômes du passé vous tourmentent…

Chapitre 1 : L'attaque

Spokane, Etat de Washington,

L’équipe tactique était entrain de se mettre en position pour entrer dans l’entrepôt. La mission avait été confiée au capitaine Gomez qui devait la mener à bien pour mettre fin à un trafique de drogue qui proliférait depuis maintenant six mois au sein de cette ville. Des semaines de recherches et d’infiltrations avaient mené notre capitaine dans un entrepôt de la banlieue de Spokane où la marchandise devait être fabriquée. L’anxiété se voyait clairement chez le capitaine qui suait à grosses gouttes. Il s’approcha de son équipe et leur ordonna comment se positionner tout autour du bâtiment. Tous étaient sur le qui-vive mais ils savaient ce qu’ils avaient à faire. Le capitaine était à l’entrée principale avec deux policiers tandis que les autres étaient positionnés à l’arrière de l’entrepôt et des snipers sur le toit du bâtiment voisin juste au cas où. Ces trafiquants semblaient être dangereux mais aussi lourdement armés.

Le cœur du capitaine battait fort dans sa poitrine, l’assaut allait être lancé. Il respira un grand coup et hurla au talkie-walkie :

- A toutes les unités, go, go, go !

Soudain, des fumigènes furent envoyés à l’intérieur de la bâtisse dans le but de fragiliser et aveugler les personnes présentes dans le labo. Tous les policiers mirent leur masque à gaz en place puis entrèrent en fanfare. Des coups de feu jaillirent en tout sens et surtout au hasard puisqu’on ne voyait pas à un mètre. Les policiers, habitués, surent où se placer et purent ainsi se préparer pour les arrestations. Ensemble, ils firent des tirs stratégiques et en quelques minutes, le calme était revenu dans l’entrepôt. Le capitaine qui se trouvait à l’ouest de la bâtisse, demanda à toutes ses équipes de faire leur rapport. La première et la deuxième avaient sécurisé leur périmètre. La dernière équipe allait se rendre dans les sous-sols afin de s’assurer que des trafiquants ne s’y étaient pas planqués ou bien qu’il y aurait une autre sortie par cette voie.

Cette équipe était composée de trois policiers : Jack, Will et Harry. Ils s’avancèrent donc dans les sous-sols de l’entrepôt qui semblaient assez vastes puisqu’ils couvraient la totalité de la superficie de l’étage c’est-à-dire pas moins de 200m2. Ils décidèrent donc de se séparer afin de couvrir au maximum le périmètre tout en restant relié par contact radio. Ils commencèrent donc chacun de leur côté la sécurisation des lieux. Jack se retrouva dans un long couloir où une odeur prononcée de chair en putréfaction était dans l’air ambiant. Il fit une grimace de dégout mais continua d’avancer. Will arriva dans une pièce fourre-tout et exploita rapidement l’endroit sans succès. Il décida donc de continuer. Quant à Harry il se retrouva dans ce qui sembla être l’endroit de stockage de la drogue. Il avertit ses collègues de sa découverte mais seul Will répondit. Il essaya de nouveau de contacter Jack, en vain. Il se demandait si le matériel n’était pas défaillant quand Will arriva à ses côtés.

Jack, n’ayant pas de nouvelles de ses collègues poursuivit ses recherches. Plus il avançait dans ce couloir, plus l’odeur nauséabonde s’intensifiait. Sa lampe torche émit des faiblesses. Il tapota dessus quelques secondes puis elle se remit à marcher correctement. Il continua donc de progresser et aperçut au loin un filet de lumière. Il s’avança donc et découvrit qu’il y avait une porte. Il la poussa et vit qu’elle donnait dehors. Certainement une porte de sortie pour les trafiquants. Mais pourquoi n’avaient-ils pas pris la fuite lors de l’attaque ? Sa radio émit alors de la friture mais rien ne permettait de distinguer ce qu’on essayait de lui transmettre. Décidemment, ses appareils s’étaient passés le mot pour dysfonctionner aujourd’hui ! Il devina que c’était Will ou Harry qui essayaient de le joindre. Il rentra à nouveau dans le bâtiment afin de mieux recevoir leur signal mais cela ne semblait pas mieux. Il se maudit alors, se souvenant qu’il n’avait pas rechargé la batterie ! Soudain, la porte se referma. Il rebroussa chemin mais ne parvint pas à l’ouvrir de nouveau. Ce n’était pas grave selon lui, son équipe trouverait bien cette sortie et puis personne ne semblait s’être échappé par là donc il ne s’attarda pas sur ce détail. Il s’apprêtait à repartir en direction de ses collègues quand sa lampe torche s’éteignit définitivement. Il se retrouva donc dans le noir total. Il pesta contre son matériel peu performant et commença à avancer à tâtons. Il essaya de nouveau d’exposer sa situation à ses collègues mais la radio ne semblait pas plus motivée que la lampe torche. Il avait le doigt sur la gâchette, prêt à toute éventualité. Sachant que le couloir était vide, il avançait quand cette odeur si horrible et malodorante refit son apparition. Une telle odeur n’avait rien d’humain d’après Jack mais n’ayant pas de lumière, il décida de poursuivre. Alors qu’il persistait dans sa progression, il entendit un bruit non loin de lui. Aux aguets, il s’arrêta et pointa son arme dans la direction que lui indiquait le son qu’il venait d’entendre.

- Ne bougez pas, police de Spokane !

Néanmoins, aucun autre bruit ne vint perturber le silence angoissant qui régnait dans ce couloir. Il prêta attentivement l’oreille, persuadé qu’il n’était pas seul en ces lieux. Son cœur s’emballait, des gouttes de sueur perlaient dans son dos, il avait le souffle court mais il tenait bon. Ca ne pouvait être qu’un junkie qui était planqué entrain de pleurer sa maman. Il reprit confiance et fit quelques pas quand il perçut le souffle de quelqu’un. Il ne sut s’il devait bouger. Il entendait qu’il y avait une autre personne qui semblait respirer fort, ou plutôt qui semblait humer. Soudain il sentit que cet individu se trouvait derrière lui car il discerna un souffle chaud sur sa nuque. La tension était à son comble. Il devait agir, et vite, peu importe ce qui se trouvait derrière lui, il fallait trouver une solution. Jack se rendit compte qu’il avait cessé de respirer. L’angoisse l’avait complètement tétanisé. De plus, il entendit que cette « chose » grognait légèrement. Maintenant il comprenait d’où venait ces odeurs nauséabondes. Cependant, il inspira un bon coup, ferma les yeux et se retourna mais il n’eut pas le temps de faire un autre geste que des griffes vinrent se planter dans ses omoplates et des crocs se saisirent de son cou malgré le cri qu’il poussa. Du sang jaillit de partout mais ce n’était pas pour autant que Jack avait perdu connaissance. Il semblait comme anesthésié et ne bougeait pas alors qu’il était entrain de se faire dévorer vivant.

Will et Harry essayaient encore de joindre leur collègue mais n’ayant pas de réponse, ils prévinrent le capitaine de leur trouvaille et indiquèrent qu’ils partaient à la recherche de Jack. Ils commencèrent à aller dans la direction qu’avait pris leur collègue quand ils l’entendirent hurler. Ils se précipitèrent vers l’origine de ce cri et éclairèrent du mieux qu’ils purent le long couloir qu’ils venaient d’emprunter. Soudain, au loin, ils entendirent un grognement qui n’avait rien d’humain et aperçurent à la lueur de leur lampe une ombre mais ils n’arrivèrent pas à définir ce à quoi elle ressemblait. Ils tirèrent dans sa direction puis une porte au loin s’ouvrit vers l’extérieur laissant échapper l’entité qu’ils avaient aperçu.


Seattle, Etat de Washington,
Le lendemain,


Sam était dans la chambre du motel entrain de chercher une nouvelle affaire. Il regarda l’heure, il était presque minuit. Dean était parti depuis trois heures en prétendant aller chercher à manger mais le cadet savait bien qu’il s’était arrêté au bar d’en face. Depuis son retour en enfer et malgré ses divers aveux sur son passage en ces lieux, Dean persistait à faire des cauchemars et il semblait persuadé que l’alcool l’aidait dans son désarroi. C’était un sujet de dispute constant entre les deux frères. Sam ne savait plus quoi faire pour l’éviter de roder dans les bars ou de garder une petite fiole de whisky dans sa poche intérieure de blouson. Alors qu’il parcourait le journal local, un article attira son attention. Quelque chose de relativement suspect, assez pour l’intéresser. Il imprima les informations puis se leva, prit sa veste et sortit.

Quelques instants plus tard, il entra dans le bar en face du motel et comme prévu, il y trouva Dean entrain de boire à coup de vodka. Il s’approcha de lui :

S : Dean ?
D : Oh frérot ! Bah mince alors, c’est quelle heure ?

S : Il est l’heure d’y aller.
D : Rho t’as fini de faire ton rabat joie ! Et pi qu’est-ce tu fais là ?
S : Allez viens.
D : Quoi ?! Non ! J’ai pas fini. Barman, un autre !

Sam regarda le barman et d’un commun accord, il conclut à ne pas servir son client. Le cadet sortit une liasse de billet qu’il laissa au serveur puis il se rapprocha de son frère.

D : Oh Sammy ! T’es pénible ! Si tu viens me chercher, c’est qu’on a une chasse !
S : (regardant autour de lui) Non mais ça va pas ! Allez, on retourne au motel.

Sam aida son frère à se lever mais ce dernier tanguait dangereusement.

D : Oh Sam, arrête de me secouer comme ça, j’ai le mal de mer !

Le cadet ne releva même pas ce que venait de dire son frère car à vrai dire le voir dans un tel état lui faisait mal. S’il passait son temps à boire c’était pour oublier. Sam ne savait pas si ça marchait mais en presque trente ans, c’était une des premières fois qu’il voyait Dean saoul. Pour une fois, c’est lui qui prenait soin de son ainé. Il le traina donc jusqu’à la chambre du motel. Une fois entrés, Sam assit son frère sur le lit.

D : Heureusement que t’es là Sammy ! Petit frère ! La fierté de la famille ! L’enfant prodigue !
S : Ne dis pas n’importe quoi Dean.
D : Bah quoi, c’est vrai, c’est ce que papa disait !
S : Quoi ?
D : Et ouais ! Toi t’étais la fierté et moi le vilain petit canard !
S : T’es saoul, tu sais plus ce que tu dis.
D : Toi t’as pas fait une boulette monumentale comme moi ! Et ça, papa me l’a jamais pardonné. Jamais.
S : Si c’est à propos de la strige…
D : Ca n’a rien à voir ! … rien à voir…

Sam ne comprenait pas les paroles de son frère. De quoi était-il entrain de parler ? Etait-il arrivé quelque chose lors de son absence pour ses études entre leur père et Dean ? Il savait que ce n’était pas bien de profiter de l’état de Dean mais la tentation était trop forte :

S : Que s’est-il passé Dean ?

Dean maugréait des paroles inaudibles quand il entendit la question de son cadet. Il s’arrêta aussitôt et baissa les yeux.

D : Je suis tellement désolé… tellement désolé…

Sam pouvait deviner que son frère était au bord des larmes. D’ailleurs, il vit ce dernier mettre sa tête dans ses mains. Le cadet, navré de voir son frère dans un tel état, l’allongea. Dean n’opposa aucune résistance et se recroquevilla.

D : Je suis désolé papa… j’aurai pas du…
S : Chut Dean… chut… dors maintenant.

Alors que son ainé semblait s’endormir, Sam lui retira ses chaussures et mit une couverture sur lui. Puis il s’assit sur le lit voisin et observa son frère tout en se demandant à quoi pouvait bien correspondre cette confession. Apparemment, il n’y avait pas que l’enfer qui semblait hanter Dean.


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Laeti Gouret
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MessageSujet: Re: En territoire ennemi   Dim 10 Jan - 22:03



j'aime beaucoup



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vane
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MessageSujet: Re: En territoire ennemi   Lun 11 Jan - 20:32

merci pour ta com ma laeti, ca me fait super plaisir !!!!!
la suite bientot !


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vane
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MessageSujet: Re: En territoire ennemi   Jeu 14 Jan - 19:58

dans ce chap, retour d'un perso de la saison 3 que j ai voulu exploiter ! L'enquete avance doucement... et la culpabilité de dean aussi...

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Il était encore tôt quand Sam se réveilla. Il vit que son frère dormait encore. Devinant aisément qu’il serait grognon à son réveil, le cadet se leva, prit sa douche, alla chercher le petit déjeuné et commença à ranger ses affaires et celles de son frère. Au dernier moment, il réveilla Dean. Ce dernier, comme prévu, marmonnait des paroles incompréhensibles. Sam ne chercha pas et lui mit son café dans la main et lui intima de se lever car ils partiraient dans un quart d’heure. L’ainé ne chercha même pas à discuter. Il but rapidement son café puis alla à son tour se laver. Dix minutes plus tard, il sortit de la salle de bain propre mais l’air toujours aussi fatigué. Ayant prévu le coup là encore, Sam lui tendit deux aspirines qu’il prit de bon cœur. Dans un sens, Dean appréciait que son frère ne lui demande rien et fasse comme si de rien n’était mais d’un autre côté, il avait de plus en plus l’impression d’être comme un boulet pour le cadet. Et ça, il ne le supportait pas, d’où sa quasi constante mauvaise humeur. Ainsi, quelques minutes plus tard, les frères partirent de Seattle. Le cadet s’était mis à la place du conducteur, ce qui convenait à Dean puisqu’un mal de crâne monumental s’était déclaré depuis son réveil et que les cachets ne semblaient pas faire effet dans l’immédiat.

De son côté, Sam s’interrogeait quant à la conversation de la veille. Son frère avait commencé à parler d’une histoire dont il ignorait tout et apparemment, elle avait été traumatisante pour Dean, à tel point qu’il ne lui en avait jamais parlé et qu’il était persuadé que John lui en avait toujours tenu rigueur. Qu’est-ce qui avait bien pu se passer ? Mais Sam savait qu’il était inutile de demander directement à son frère de quoi il en ressortait. Cela ne servirait qu’à le braquer tout au mieux ! Ceci dit, il n’avait pas dit son dernier mot mais il attendrait le moment propice pour en savoir plus, cela ne pourrait qu’apaiser la conscience de son frère et dieu savait qu’il en avait besoin ! Il fut sorti de ses pensées par les ronflements de Dean. Il sourit puis resta focalisé sur la route.

Une heure plus tard, l’Impala s’arrêta dans une rue de Spokane, devant le bâtiment de médecine légale, autrement dit, la morgue. Sam coupa le contact et réveilla son frère.

S : Tu es de retour parmi les vivants ?
D : Hum. Quoi ?
S : On est arrivé et il est peut-être temps que je te parle de notre affaire ?
D : Ouais mais pas trop fort s’il te plait.
S : Ok. Un homme est mort dans un sous-sol. Il a été déchiqueté mais rien ne laissait croire qu’il pouvait y avoir un animal sauvage.
D : Tu m’étonnes, qu’est-ce qu’il foutrait dans un sous-sol ! Mais tu me dis où on est ?
S : Spokane.

Dean qui jusque là paraissait ailleurs, s’intéressa à ce que son frère lui disait. Sam s’en aperçut aussitôt et se demanda bien ce qui pouvait soudainement attirer l’attention de son frère. Mise à part mentionner le nom de la ville où ils venaient d’arriver… Mais ce devait être cela. Il décida de creuser un peu plus dans cette direction.

S : Tu connais déjà cette ville ?

Mais Dean était reparti dans ses pensées. Et Sam aurait tout donné pour savoir à quoi son frère pouvait bien penser. Même s’il était quelque fois « absent » ces temps-ci, Sam ne l’avait jamais vu comme ça. Il l’appela mais ce dernier ne réagit pas. Il lui posa la main sur l’épaule ce qui le fit sursauter.

D : Ca va pas non ! Tu pourrais prévenir avant de faire des trucs comme ça !
S : Dean, je t’appelle depuis cinq minutes !

L’ainé s’aperçut qu’il y était allé un peu fort et que sa réaction était disproportionnée. Voyant de la façon dont son frère le regardait, il se douta que Sam se posait des questions quant à son comportement. Dean réfléchit une seconde puis chassa de son esprit l’idée de tout avouer à son frère. John, de son vivant, ne savait déjà pas toute l’histoire alors il était hors de question que son cadet l’apprenne. C’était trop douloureux, trop tôt. Il se sentait honteux. Afin de ne pas laisser le temps à Sam d’aller sur ce terrain, Dean prit les devants :

D : Bon et qu’est-ce que tu sais d’autre sur cette affaire ?
S : Euh ouais, c’est un flic qui est mort.
D : Ca ne va pas nous faciliter les choses.
S : En effet. Mais commençons par voir ce qu’il reste du corps et voir l’avis du légiste. Par contre le jean et blouson cuir pour un agent ça le fait pas ! Viens, je vais te trouver quelque chose !

Dean ne répondit même pas puisqu’il savait que son frère avait raison. Ils sortirent de voiture et ouvrirent le coffre. Là, Sam sortit une veste qu’il brossa rapidement avec sa main puis la remit à son frère.

S : Ca fera l’affaire.

Puis Sam passa en premier et ils se rendirent au labo afin de rejoindre le médecin légiste. Toutefois ils tombèrent sur une charmante assistante qui était au gout de Dean, semblait-il. Le cadet allait l’aborder quand son frère lui passa devant et sourit à la jeune femme de toutes ses dents.

D : Bonjour mademoiselle, je suis l’agent Sloane et voici l’agent Vaughn. Nous voudrions rencontrer le médecin légiste. Ne vous a-t-on jamais dit que vous ressembliez à Marilyn Monroe ?

La jeune femme rougit à vue d’œil et Sam leva les yeux au ciel. Il n’arrivait pas à comprendre comment faisait son frère pour passer de l’état de pseudo déprime à celui de dragueur en un rien de temps ! C’était un don qu’on ne pourrait pas lui retirer au moins ! Sam regarda l’assistante puis Dean qui ne disaient rien et se contemplaient. Il toussota, histoire de leur rappeler sa présence mais ça ne les perturba pas le moins du monde.

S : Excusez-moi mais nous sommes pressés. Où est le docteur ?
D : Et c’est quoi votre petit prénom ?
? : Norma.
D : Sans rire ! C’était le vrai prénom de Marilyn !
S : Et donc, le docteur ?
N : Euh oui, il est absent.
D : Mais comme vous êtes très compétente, vous allez nous montrer où sont les restes de Jack Smith et nous donner le rapport du légiste, n’est-ce pas Norma ?

La jeune femme, charmée, se laissa faire et fit tout ce que Dean lui demanda. Ainsi, après avoir observé Norma de dos, enfin surtout Dean, ils arrivèrent dans la salle d’autopsie.

N : Voilà, c’est dans le casier 47.
D : Merci Norma. Vous devriez retourner à votre accueil, nous reviendrons vous voir.

Tandis que la jeune femme partait en direction de son comptoir, Dean la regardait partir tout en louchant sur ses fesses. Le cadet remarqua aussitôt la mascarade et donna une tape derrière la tête de son ainé. Ce dernier protesta et se frotta le crâne.

D : Non mais ça va pas ! Si tu veux devenir moine te gêne pas mais moi, j’ai le droit de me faire plaisir !
S : Tu peux te concentrer cinq minutes ou c’est trop te demander ?

L’ainé râla mais se dirigea vers le casier qu’avait indiqué Norma. Au passage, il prit des gants en latex et en donna une paire à son frère avant de les enfiler. Puis il ouvra et sortit la planche coulissante en inox sur laquelle les frères purent constater le peu de restes humains de Jack Smith. Dean émit une grimace de dégoût alors que Sam essayait de prendre sur lui et se rapprocha des morceaux de chair. Il observa les traces de morsures sur certains os. C’était étrange, ce qui était sûr, c’était que ce qui avait tué ce pauvre policier n’avait pas grand chose d’humain.

Dean de son côté n’était pas vraiment à l’aise face à ce spectacle. Il y avait tout autour des restes, du sang, trop au goût du jeune homme. Cette couleur, cette odeur lui rappelait indéniablement l’enfer et il resta bloqué sur les morceaux tout en repensant à ce qu’il avait subi et ce qu’il avait fait subir. L’ainé était complètement ailleurs quand il finit par entendre son frère parler. Heureusement, ce dernier n’avait pas remarqué qu’il ne l’écoutait pas.

S : Ouais, enfin je sais pas, t’en penses quoi ?
D : Euh, bah, je te fais confiance ! Bon si on y allait !

Sam regarda son frère et ne fut pas étonné qu’il ne lui donne pas son avis. Ces derniers temps, Dean se reposait beaucoup sur les idées de son frère. A vrai dire, l’ainé semblait chasser mais il ne faisait que participer à la bagarre, comme si ça le défoulait mais question recherches, il n’y avait personne ! Le cadet savait que Dean n’était pas un fou de lecture et d’investigation mais c’était de pire en pire. Il était là sans être là et Sam avait du mal à décrire ce sentiment. Mais il estima que ce n’était ni le moment, ni l’endroit pour en débattre avec son ainé. Il referma donc le casier, jeta ses gants et se dirigea vers l’accueil suivi de Dean. Alors que ce dernier se délectait de revoir la douce Norma, les frères furent étonnés de la personne qui se trouvait face à l’assistante.

S : Tamara ?
T : Sam, comment tu vas ? Dean !
S : Bien merci ! Ca faisait un moment que je n’avais plus de nouvelles de toi.
N : Euh vous vous connaissez ?
D : Oui, on se connaît ! Salut Tamara ! Mais où en étions-nous Norma ? Ah oui, j’allais vous demander si vous êtes libre ce soir !

Sam leva les yeux au ciel et mena Tamara quelques mètres plus loin afin de pouvoir avoir une conversation plus privée.

S : Que fais-tu ici ?
T : Et bien j’étais dans le coin…
S : Et tu es au courant pour ce qui arrive dans le coin ?
T : Oui, c’est ça. Qu’as-tu appris ?
S : Oh rien pour le moment mais c’est quelque chose de vraiment sauvage qui a attaqué ce pauvre homme. Tu as des pistes ?
T : Non pas vraiment, je suis arrivée il y a peu de temps.
S : Tu veux travailler avec nous ?
T : Oh écoute Sam…
S : Je sais que depuis ce qui est arrivé à Isaac, tu préfères travailler seule mais autant profiter que nous soyons tous sur la même enquête pour chasser ensemble. Qu’en dis-tu ?
T : Tu as raison.

Pendant encore quelques instants, Sam et Tamara continuèrent de parler de choses et d’autres tandis que Dean continuait de dire de belles paroles à la charmante Norma. Cette dernière n’avait pas pu résister au charme du jeune homme et il lui donna rendez-vous le soir même pour diner. L’ainé, satisfait, rejoignit son frère et Tamara. Cette dernière les salua et les laissa seuls. Ils se dirigèrent vers l’Impala et montèrent à bord.

D : Alors, que t’a-t-elle raconté de beau ?
S : Rien qui ne t’intéresse. Néanmoins, nous dinons avec elle ce soir.
D : Euh tu m’excuses Sammy, j’ai une cavalière plus charmante qui m’attend ce soir ! Je suis sûr que tu n’as pas besoin de moi !

Le cadet n’était pas vraiment satisfait que son frère le laisse tomber mais il pensa qu’un peu de bon temps ne ferait pas de mal à Dean, surtout en ce moment. Il décida donc de ne pas relever et de passer à un autre sujet :

S : Bon, en attendant, nous devons rencontrer les policiers qui ont découvert ce qu’il restait de Jack.
D : Et tu comptes faire comment Einstein ? Je préfère éviter d’aller au poste de police si tu vois ce que je veux dire !
S : J’ai déjà prévu le coup gros malin ! Il est 18 heures et les deux flics en question se rejoignent au Jake’s bar, comme tous les soirs depuis des années.
D : Mais comment tu sais ça toi ?
S : Cette nuit, alors que tu dormais, j’ai réussi à lire leur rapport de police sur le net et une enquête a été ouverte car apparemment ils ont vu quelque chose « d’inhumain ». De ce fait, on leur a demandé s’ils avaient bu et il s’est avéré que oui, quelques heures avant leur service, au…
D : Jake’s bar ! Ok, allons-y. J’aimerai bien savoir ce que c’est “inhumain” pour eux.

Ils se dirigèrent donc illico direction le bar afin d’obtenir des informations qui pourraient leur permettre d’identifier la créature qui a commis cette atrocité. Quand ils arrivèrent devant l’établissement, ils furent soudain très mal à l’aise à cause de la multitude de policiers qui allaient et venaient. Ils respirèrent un bon coup et sortirent de l’Impala. Dean suivit son frère qui savait à quoi ressemblaient les co-équipiers de Jack. Sam les repéra au bar et les aborda :

S : Bonjour, je suis Sam et voici mon frère Dean, nous faisons partis de la police de Seattle. Nous sommes en congés mais nous avons appris pour votre collègue et nous voulions vous présenter nos condoléances.
W : Merci. Moi c’est Will et voici Harry.
D : On sait ce que c’est de perdre un ami les mecs !
H : Ah ouais ?
S : On a cru comprendre qu’une bête l’a attaqué ?
W : Tu parles ! Une bête, et moi je suis la reine d’Angleterre !
D : Que voulez-vous dire ?
H : Rien du tout !
S : Vous savez, des fois la police des polices ne croient pas qu’on puisse voir des choses… étranges.
W : A qui le dites-vous !
D : Vous pouvez nous le dire à nous !

Les deux policiers se regardèrent. Enfin quelqu’un les écouterait sans croire qu’ils seraient fous ! Ils se souvinrent lorsqu’une enquête, quoi de plus banal pour un meurtre, avait été ouverte et qu’on leur avait demandé ce qu’ils avaient vu. En premier lieu, ils avaient dit exactement ce qu’il s’était passé mais en voyant qu’on les croyait saouls, ils avaient vite changé leur son de cloche afin de paraître plus crédible auprès de leurs collègues et avaient enfoui au plus profond d’eux les véritables images de ce qui était arrivé. Harry hocha la tête et Will leur expliqua donc ce qu’ils avaient vu. Les frères écoutèrent attentivement les propos du policier et constatèrent que cette affaire était bien anormale et de ce fait, surnaturelle. Néanmoins, Sam fut déçu car tout ce que Will expliqua ne contenait rien de nouveau qu’il n’avait déjà lu dans le rapport préliminaire de l’enquête. Dean, en observant son frère, compris qu’il n’y avait aucune nouvelle information. Il décida de leur forcer un peu la main.

D : Mais vous n’avez rien vu ou entendu voire même senti d’anormal ?
H : En plus de notre collègue qui venait de se faire bouffer vivant ?
S : Nous savons que ce sont des questions un peu étranges mais admettez que cette mort l’est, n’est-ce pas ?
W : Oh attendez, quand on a rejoint ce qu’il restait de Jack, j’ai senti une odeur nauséabonde, très prononcée…
D : Du genre ?
H : Oui, c’est vrai, on aurait dit une odeur de corps en décomposition. Ca sentait la mort.
S : Et vous dites donc que cette chose est partie par une porte qui donnait sur l’extérieur ?
D : Donc elle n’a pas peur du jour…
W : Je vous demande pardon ? De qui parlez-vous ?
H : Et comment savez-vous qu’elle s’est échappée par une porte ? On vous a rien dit…
S : Et bien écoutez, nous vous remercions d’avoir répondu à nos questions et nous vous réitérons nos sincères condoléances.
D : Ouais, courage les mecs !

Sam attrapa son frère par le col et ils partirent aussi vite qu’ils étaient arrivés. Puis voyant l’heure déjà tardive, Dean déposa son cadet au motel où il devait diner avec Tamara puis il se dirigea chez la charmante Norma qui l’avait invité chez elle pour la soirée et dont l’appartement avait l’avantage de se trouver à quatre rues plus loin.


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MessageSujet: Re: En territoire ennemi   Mar 19 Jan - 19:11

Chapitre 3 : Confessions

Sam se changea et se dirigea vers le restaurant. Il devait y retrouver Tamara afin de parler de l’enquête, de leurs trouvailles de l’après-midi. Le cadet ne la connaissait que de par la chasse qu’ils avaient fait en commun et qui avait couté la vie à son mari mais le fait de résoudre cette nouvelle affaire ensemble enthousiasmait le jeune homme. Un peu de changement ne lui ferait pas de mal. Non pas qu’il en ait assez de chasser avec son frère mais Sam aimait bien s’allier avec d’autres chasseurs à l’instar de Dean qui était plutôt solitaire quand il était question du travail. Sam s’était habillé simplement, en jean et pull. Il entra dans l’établissement quand il vit que la jeune femme l’attendait déjà. Il l’approcha, l’air embarrassé d’arriver en retard. Tamara fut amusée de le voir tout timide. Elle lisait dans Sam comme dans un livre !

S : Je suis vraiment désolé d’être en retard…
T : Mais ce n’est pas grave, je viens d’arriver. Dean n’est pas là ?
S : Non, Don Juan avait un rendez-vous galant ! Celui-là, dès qu’il peut faire la fête, il en rate pas une !
T : Oui et j’imagine que ce doit être un peu tendu en ce moment entre vous deux, non ?
S : Pourquoi tu dis ça ?
T : Sam, je sais ce qui est arrivé à ton frère, je veux dire l’enfer, et son retour.
S : Ah ok. Non, ça se passe bien.
T : Je sais ce que c’est de perdre quelqu’un qu’on aime. On veut paraître fort, comme si rien ne s’était passé et oublier mais…
S : Je sais.
T : J’imagine que Dean ne sait rien de la peine que tu as éprouvé ?
S : Il la connaît en partie. Mais face à ce qu’il a vécu, moi ce n’est rien.
T : Ne pense pas ça. La perte d’un être cher est une douleur indescriptible. Elle est là, toujours ancrée en toi et même si ton frère est revenu, tu l’as vécu. Et tu ne pourras jamais la faire disparaître.

Sam regardait Tamara. Elle avait raison, elle savait ce qu’était cette peine, cette douleur dont on ne pouvait pas se séparer, qui faisait mal. Sam était soulagé d’avoir trouvé enfin quelqu’un avec qui parler de ce sentiment. Avec Ruby, il n’avait jamais pu aborder le sujet. Difficile de parler sentiment avec un démon même si elle était dotée d’un semblant d’humanité. Ainsi il pouvait enfin libérer sa conscience, sans être jugé. De ce fait, pendant tout le reste de la soirée, chacun s’était confié à l’autre, sachant que ces paroles ne sortiraient pas de ce restaurant. Une grande amitié venait de naitre entre ces deux personnes torturées par une vie qui ne les avait pas épargné.


Dean était devant la porte de l’appartement. Il entendait une légère musique. Il écouta un peu mieux et découvrit qu’il s’agissait du groupe Scorpions. Il sourit quant aux goûts musicaux de la jeune femme qui semblaient lui convenir puis il frappa pour signaler sa présence. Il entendit qu’elle baissait le son de la chaine hifi et elle ouvrit la porte. Elle portait une sublime robe, très légère, de couleur noire. Ses longs cheveux châtain retombaient le long de son dos. Elle le contemplait de son regard émeraude et l’invita à entrer. Il ne se fit pas prier et pénétra dans le coquet appartement de Norma. Elle lui proposa de récupérer sa veste et ce dernier la lui remit immédiatement. Pendant qu’elle allait la déposer dans sa chambre, il observa rapidement les lieux. Il constata que la déco était simple mais féminine. Il vit qu’il y avait des photos d’elle avec semble-t-il sa famille mais aussi une autre avec un jeune homme. Etrange pensa-t-il. Mais il n’eut pas le temps de penser à autre chose qu’elle revint vers lui. Elle lui proposa une bière qu’il accepta de bon cœur. Elle la lui remit puis s’assit à ses côtés.

N : Tu ne m’as pas dit quel était ton prénom.
D : C’est vrai. Je m’appelle Dean.
N : Très bien Dean. Donc si j’ai bien compris tu vas t’occuper de cette enquête puis suivre ta route.
D : Tu as bien compris.
N : Ca me va.
D : Qui est l’homme sur la photo là-bas ?
N : Tu es observateur, j’aime ça. C’est un ex. On a rompu très récemment et j’ai simplement oublié d’enlever sa photo.
D : Donc si j’ai bien compris je joue les bouche-trous ?
N : (souriant) Tu as bien compris.
D : Ca me va.

Ils restèrent quelques instants à se jauger. Les choses étaient claires dès le départ et ça convenait parfaitement à notre couple d’un soir. Ils s’installèrent ensuite et dégustèrent un repas sublime que Norma avait préparé de ses mains expertes de cuisinière. Et elle vit rapidement que Dean était un amateur de bonne nourriture. Il faisait honneur à son diner et elle appréciait ça. Tout au long du repas, ils parlèrent de choses et d’autres mais en fin de repas, alors qu’ils prenaient le café, elle lui posa une question qui la turlupinait depuis maintenant une bonne heure :

N : Dean, je t’ai observé moi aussi, tout au long de la soirée et derrière cette carapace de mec solide et imperturbable, je vois qu’il y a quelque chose qui te trouble.
D : (perdant son sourire) Pourquoi tu dis ça ? Je ne vois pas…
N : J’ai un don pour sentir ce qui ne va pas chez les gens. Dis-moi qu’est-ce que c’est ?

En temps normal, Dean n’aurait pas failli et l’aurait embobiné avec de belles paroles. Mais il en avait lourd sur la conscience. Il ne pouvait pas en parler à Sam, de peur qu’il ne culpabilise encore plus mais cette Norma était une inconnue, que pourrait-elle bien faire s’il lui avouait vaguement ses sentiments face à tout ce qu’il lui était arrivé ? Certes il n’allait pas lui dire la vérité, le fait d’avoir été torturé en Enfer et être devenu un bourreau lui-même ne pouvait être confessé à n’importe qui. Et puis il y avait cette histoire qui lui était revenue en mémoire… cette chasse qui s’était passée lors des études de Sam… elle s’était déroulée à Spokane même, et à l’approche de cette ville, ces instants lui étaient revenus. En y repensant, il n’avait pas la conscience tranquille, loin de là. Il s’aperçut qu’il cachait beaucoup de choses à son frère tout compte fait.

N : Dean ?
D : Disons que pour le bien de mon frère, j’ai du l’abandonner. Là où je suis allé, c’était… il n’y a pas de mot… en tout cas on ne voudrait y rester pour rien au monde. Non seulement j’ai abandonné mon frère, mais là-bas j’ai fait des choses impardonnables…

Dean s’était arrêté dans son récit. Il ne pouvait pas lui dire la vérité. Jusqu’ici il parlait avec des mots vagues, juste assez pour que Norma comprenne son état d’esprit. Même s’il n’avait pas utilisé les mots « enfer », « torture » et « bourreau », les images de son séjour en ces bas lieux lui revinrent en tête. Un sentiment de culpabilité l’enveloppa. Il était coupable de ne pas avoir tenu le coup, il était coupable d’avoir torturé, il était coupable d’avoir apprécié ce qu’il avait fait subir à d’autres âmes damnées. Sans qu’il ne puisse se contrôler, ses yeux brillèrent tellement les larmes étaient prêtes à tomber.

D : Je… je peux pas.

Norma se leva et s’approcha de Dean puis elle s’accroupit devant lui en lui mettant une main sur la joue :

N : Ce n’est pas grave. Chut…

Ca y était, quelques larmes étaient tombées sans qu’il n’ait pu les dissimuler. Dean avait rarement pleuré dans sa vie mais ces derniers temps il devait évacuer tout ce qui lui était arrivé. Il baissa la tête, comme si pleurer et en plus devant une femme, était honteux. Norma lui prit alors le visage entre ses mains douces et ils se regardèrent. La jeune femme pouvait voir dans les yeux de Dean tellement de souffrance, de haine, de colère mais aussi de peine qu’elle en avait mal pour lui. Elle ne le connaissait que depuis quelques heures mais elle avait l’impression que cet homme avait souffert dans sa vie plus que quiconque. Elle approcha ses lèvres des siennes et lui déposa un baiser. Dean ferma les yeux comme si ce geste apaisait sa souffrance. Les mains de Norma glissèrent dans la nuque de Dean tandis qu’il mit les siennes sur le visage de sa partenaire. Ils s’embrassèrent fougueusement. Tout en continuant à s’étreindre, ils se levèrent. Puis Dean offrit de doux baisers dans le cou de Norma alors qu’il la dirigeait dans la chambre. La jeune femme s’assit sur son lit tandis que Dean se déshabillait puis il s’arrêta alors subitement et observa Norma. Elle vit qu’il hésitait :

N : Qu’y a-t-il ?
D : Je.. je sais pas. D’habitude, je…
N : C’est rien. Approche.

Norma s’allongea dans son lit. Elle vit que Dean semblait douter.

N : N’aie pas peur. Viens.

Dean se plaça à côté de la jeune femme. Elle le tira vers elle et mit la tête du jeune homme contre la sienne. Ils ne faisaient rien d’autre que d’être l’un contre l’autre. Dean n’avait pas du tout l’habitude de ce genre de rencontre. En général, quand il rencontrait une fille, c’était l’histoire d’un soir mais là, il avait trouvé un réconfort chez cette femme qui lui faisait du bien. Il était blottit contre cette femme comme un enfant dort contre sa mère. Elle passa délicatement sa main dans les cheveux de Dean ce qui eut pour effet de l’endormir presque immédiatement.

Une heure plus tard, Dean se réveilla en sursaut, comme quasiment toutes les nuits depuis son retour de l’Enfer. Il se tourna et vit que Norma dormait encore. Soudain, il entendit la porte s’ouvrir. Il enfila son jean et se dirigea vers le salon quand il se trouva nez à nez avec un homme, celui de la photo. Cette entrée réveilla aussi Norma qui commençait à émerger quand elle aperçut son ex juste devant Dean.

N : Kevin ! Mais qu’est-ce que tu fais là ?
K : Et bien je vois que tu t’éclates ! C’est qui lui !
D : Euh moi je suis la nouvelle femme de ménage.
K : Et en plus t’es un comique ?
D : Dis donc Kevin, réponds à la demoiselle, tu veux ?
K : Me cherche pas toi ! Tu le regretterais !
D : Ah ouais ! Tiens je serai curieux de voir ça !

Norma se leva et se positionna entre les deux hommes. Cette soirée avait été magique et Dean avait été adorable. Elle ne voulait pas qu’il lui arrive malheur.

N : Dean, laisse tomber s’il te plait. Il fait partie de la police locale et je veux pas qu’il y ait des problèmes…

Dean avait une envie folle d’exploser son poing dans la figure de ce petit merdeux. Mais Norma avait été magnifique et compréhensive toute cette soirée et il ne voulait pas lui causer du tort. Il préféra calmer ses ardeurs et laisser faire la jeune femme.

N : Ecoute Kevin, je t’ai dit que c’était fini entre nous alors tu sors de chez moi et inutile de me rendre mes clés, je changerai les serrures. Suis-je assez claire ?

Kevin fit la moue et partit plein de rage en faisant claquer la porte. Norma respira un bon coup tandis que Dean était impressionné par le sang froid de la jeune femme.

D : Et bien, j’aimerai pas te voir quand tu es énervée !
N : Je suis désolée. Je ne pensais pas qu’il viendrait et maintenant faut que je fasse changer mes serrures !
D : Ecoutes, tiens, voilà mon numéro de téléphone, n’hésite pas à m’appeler en cas de problème, à n’importe quelle heure.

Elle prit la carte qu’il venait de lui donner avec son numéro et il l’observa. Elle lui sourit, posa la carte sur la table de chevet puis l’embrassa tendrement. Ensuite elle se dirigea dans la salle de bain et ferma la porte. Dean s’allongea de nouveau sur le lit, les bras derrière la tête, le sourire aux lèvres. Il avait enfin trouvé une fille qui lui convenait ! Soudain, il entendit le cri d’une femme. Dean se releva et se mit devant la fenêtre.

D : C’est dans la ruelle. Referme bien à clé derrière moi et bloque la porte avec une chaise !

Dean enfila rapidement son t-shirt, ses chaussures puis il prit sa veste et sortit en courant ne laissant même pas le temps à Norma de répliquer quoi que ce soit de la salle de bain.
L’ainé courait le plus vite possible. Au mieux ce cri était issue d’une agression et il pourrait ainsi se défouler, au pire, c’était peut-être la créature qu’ils étaient entrain de chasser et là, ce serait peut-être un peu plus compliqué mais il n’avait pas le temps de se poser de question. Il arriva au début de la ruelle, bien évidemment très mal éclairée. Les cris étaient encore audibles mais ils se faisaient de moins en moins forts. Dean avança prudemment, arme au poing.


Quelques instants auparavant, restaurant en face du motel,


Sam et Tamara discutaient maintenant depuis des heures. Ils avaient passé une soirée formidable. C’était comme si le temps s’était arrêté et qu’ils avaient pu dire tout ce qu’ils avaient sur le cœur et qu’ils ne pouvaient raconter à personne dans leur entourage. Ils avaient tout simplement libéré leur conscience. Ils étaient à présent entrain de se raconter des anecdotes de chasses délirantes quand le serveur les aborda :

Serv : Madame, monsieur, désolé mais nous allons fermer.
S : (confus) Oh euh oui bien sûr. Il est tard déjà.

Sam et Tamara se levèrent. Le jeune homme déposa quelques billets permettant de régler l’addition puis ils sortirent du restaurant. Il la remercia et ils se séparèrent dans l’idée de se revoir dans la matinée pour continuer leurs recherches. Ils se saluèrent et chacun parti dans une direction opposée. Sam ne voulait pas rentrer tout de suite. Après une soirée si apaisante qu’il venait d’avoir, il voulait marcher un peu. Il pensa qu’il avait libéré sa conscience mais que celle de son frère ne le serait probablement jamais et le problème c’est qu’il ne lui avouera en aucun cas que ça le ronge de l’intérieur. Non, Dean Winchester ne se plaint jamais, il souffre en silence. Mais s’il avait la main posée sur l’alcool cela risquait d’être un problème d’après Sam. Il fallait qu’il trouve un moyen de lui tranquilliser l’esprit. Et puis il fallait qu’il lui reparle de cette fameuse affaire qui d’après le comportement de Dean s’était passée à Spokane. Comme Sam n’était pas au courant de cette affaire et qu’elle concernait John aussi il supposait que cette histoire s’était passée durant ses études de Stanford, autrement dit, il n’y avait pas si longtemps que ça. Il fallait que Dean lui explique ce qu’il s’était passé, Sam était persuadé que ça aiderait Dean mais comment l’en convaincre ! Plus facile à dire qu’à faire ! Le cadet réfléchissait à un moyen de faire parler son frère quand il entendit à quelques rues le cri d’une jeune femme. A cette heure-ci, les allées étaient vides et il décida donc d’aller vérifier ce qu’il se passait.


De son coté, Dean progressait dans la ruelle. Il n’y voyait pas à deux mètres et il n’entendait plus les cris de la jeune femme. Au fur et à mesure qu’il avançait, il entendait qu’on déchirait quelque chose, probablement la chair de cette pauvre femme. Il sentit soudain une odeur horrible, semblable à celle de la mort. Il fit une grimace de dégoût mais continua d’aller dans leur direction. Soudain, il entendit un grognement. Il déglutit difficilement car il s’était jeté dans cette rue mais il n’avait que son flingue et qui n’était même pas chargé avec des balles en argent. Ceci dit, ne sachant pas qui était et ce qu’était cette créature, peut-être que des balles en argent ne lui aurait servi à rien. Néanmoins, il était quand même là, à proximité de la créature. Il était fort probable que la victime ait succombé à ses blessures et à présent, le mieux que Dean puisse faire était d’identifier la bête et pourquoi pas l’éliminer ! Il allait s’apprêter à tirer un peu à l’aveuglette, même si, avec les sons qu’il entendait il était quasiment sûr de la position de cette chose. Puis il entendit une voix, qu’il reconnaitrait parmi cent. C’était celle de son frère, celle de Sam. Il fallait qu’il réagisse vite avant qu’elle ne s’en prenne à eux. Il allait tirer quand un coup de feu retentit.


Sam arriva dans la ruelle où il avait entendu des cris qui, entre temps, s’étaient arrêtés. Mais il devait en avoir le cœur net et commença à s’avancer dans l’allée sombre. Il appela pour voir si quelqu’un lui répondait. Comme ce n’était pas le cas, il se douta qu’il devait se passer quelque chose de suspect voire de grave et il prit son arme tout en avançant à pas de loup. Il entendit soudain une détonation, celle d’une arme à feu. Puis il reconnut des gémissements qui semblaient être ceux de son frère ! Mais que faisait-il ici ! Il avança encore quand il aperçut enfin le corps de son ainé à terre et celui d’une nouvelle victime de la bête, à quelques mètres d’eux. Il se rapprocha de Dean qui venait de se prendre une balle dans le flan gauche et qui semblait perdre pas mal de sang. Néanmoins, il était conscient :

S : Dean ! Mais, qu’est-ce qu’il s’est passé ? Qu’est-ce que tu fais là ? Comment tu te sens ?
D : Oh une question à la fois. Cette bestiole m’a tiré dessus ! Depuis quand elles savent se servir d’une arme ! Oh bordel, ce que ça fait mal.
S : Je vais regarder, bouge pas.
D : T’en as de bonnes, toi !

Le cadet souleva le t-shirt de son frère et constata que la balle l’avait traversée de part en part. La blessure était impressionnante mais visiblement aucun organe vital n’avait été touché.

S : Faudrait qu’on retourne au motel. Ca n’a pas l’air sérieux.
D : Quand tu veux on échange !
S : Tu vas pouvoir marcher ?
D : Quoi ? Tu vas pas me porter ?

Sam leva les yeux au ciel ! Même blessé, son frère avait le don pour détendre l’atmosphère. Sam l’aida donc doucement à se remettre debout. L’ainé demanda à son frère si la victime était morte et vu dans l’état où la pauvre femme était, il ne voyait comment cela pouvait en être autrement. Ils avançaient donc doucement. Dean avait une main sur son flanc gauche. Ses jambes avaient de plus en plus de mal à le porter. Encore heureux que Sam était là pour l’aider sinon il aurait abandonné depuis longtemps. Après quelques minutes qui paraissaient des heures aux yeux de l’ainé, ils arrivèrent enfin au motel. Le cadet allongea Dean sur le lit qui se laissa tomber de tout son poids tellement il était à bout de forces.

D : Je te jure que c’était une bête Sam !
S : Alors tu dois t’estimer heureux d’être en vie ! Bouge pas je vais te soigner.
D : Où veux-tu que j’aille dans cet état !

Le cadet alla dans la salle de bain et récupéra des serviettes, à défaut de compresses, et du désinfectant. Il revient auprès de son frère et s’assit à ses côtés. Il retira sa ceinture et la lui donna.

S : Mords ma ceinture. Il est tard et tes cris éveilleraient les soupçons des voisins et du gérant.

L’ainé ne discuta même pas et mordit la ceinture de bon cœur. Sam leva le t-shirt de son frère et constata que la plaie n’était pas mortelle mais elle n’était pas belle du tout et il devait remédier à cela très vite avant qu’elle ne soit infectée. Il nettoya les plaies en prenant tout son temps pour ne pas commettre d’erreur. Pendant ce temps, Dean grognait et serra la ceinture de toutes ses forces. Une fois ceci fait, Sam allait devoir refermer les blessures. N’ayant pas de fil et d’aiguille, il allait devoir procéder à un système bien plus archaïque mais qui avait l’avantage de refermer et bloquer les saignements. Le cadet regarda son frère puis il se munit de son couteau dont il commençait à bruler l’extrémité. Dean avait tout de suite compris ce qu’allait faire Sam et bien qu’il n’en n’ait pas la moindre envie, il savait bien que c’était nécessaire. Il vit le visage désolé de son cadet et lui fit un signe que tout allait bien avec son pouce. Sam sourit devant ce geste et regarda une dernière fois son frère qui hocha de la tête pour lui montrer qu’il était prêt. Le cadet appliqua la lame rougie sur les chairs de son frère qui hurla les dents serrées sur la ceinture et qui perdit connaissance après quelques secondes. Sam s’y attendait, il était même étonné qu’il ait tenu si longtemps avant de sombrer dans l’inconscience. Puis il tourna son frère et recommença sa manipulation sur l’orifice de sortie de la balle. Une fois cela fait, il nettoya à nouveau les plaies puis fit un pansement de fortune à Dean le temps qu’il aille à la pharmacie s’équiper en conséquence. Voyant que son frère dormait à présent, Sam décida de partir chercher le nécessaire pour le soigner dans les règles.


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Laeti Gouret
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MessageSujet: Re: En territoire ennemi   Mer 20 Jan - 18:02

Wow excélent j'aime beaucoup





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vane
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MessageSujet: Re: En territoire ennemi   Jeu 21 Jan - 19:30

merci bcp ma laeti pour tes coms, ca me fait super plaisir, merki merki merki !!!!!


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MessageSujet: Re: En territoire ennemi   Dim 24 Jan - 12:07

encore merci ma laeti ! voici la suite.

Chapitre 4 : Coïncidences ?

Sam avait vite trouvé une pharmacie. Il était passé par la porte de derrière et l’avait fracturé. Ensuite il alla se servir et remplit son sac à dos de compresses et autres. Il repartit aussi vite qu’il était venu. Quand il revint au motel, les lueurs du jour faisaient leur apparition. Il entra dans la chambre et ce qu’il vit lui glaça le sang. Son frère était certes toujours allongé sur le lit mais il était brûlant de fièvre. Sam s’approcha et vérifia immédiatement les plaies mais elles étaient bien refermées. Peut-être que l’infection avait commencé alors qu’il était entrain de soigner son frère. Il se saisit aussitôt de son sac à dos et prit une seringue puis un flacon de pénicilline. Dans la pharmacie quand il s’est trouvé face au flacon, il avait hésité puis s’en était saisi, juste au cas où pensait-il ! Il injecta donc une dose à son frère puis nettoya et fit des pansements dignes de ce nom sur les blessures. Son frère semblait s’agiter dans son sommeil puis il ouvrit légèrement les yeux. Le cadet s’assit à côté de son frère :

S : Dean. Dean ça va ?
D : Papa ? Papa ? S’il te plait…
S : Non Dean, c’est Sam. Tu m’entends ?
D : Je… j’avais pas le choix Papa… Shannon était pas ce qu’elle paraissait être… S’il te plait, écoute-moi…
S : Dean, c’est la fièvre qui te fait délirer. Reste avec moi ! Dean !

Mais l’ainé avait sombré dans l’inconscience à nouveau ce qui ne rassura pas le cadet. Il fallait vraiment qu’il arrive à savoir ce qui était arrivé entre Dean et leur père. Son frère n’allait pas pouvoir continuer encore longtemps comme ça ! Puis il entendit à l’autre bout de la route les sirènes des secouristes et des policiers qui devaient certainement avoir découvert le corps de la jeune femme qui était aux côtés de Dean dans la ruelle. Alors que son ainé était encore fiévreux, Sam continua ses recherches. Il était sûr qu’avec les indications de Dean il aurait eu plus de chance de trouver cette fameuse bête mais il devait admettre que là, il stagnait. Etant donné qu’elle attaquait en pleine ville, il avait vite fait le tour des créatures aussi violentes et capables de commettre de telles atrocités. Mais alors, comment son frère s’était pris une balle dans le ventre ? Beaucoup trop de questions sans réponses ! Quand il lâcha son écran des yeux, il s’aperçut que deux heures avaient passé et que Dean semblait simplement dormir à présent. Il était rassuré que cette fichue fièvre soit tombée. Soudain quelqu’un frappa à la porte. Il se leva, une arme dans sa main droite, derrière son dos, puis ouvrit la porte. Il fut rassuré d’y voir Tamara.

T : Sam ? Je n’ai pas eu de coup de fil de ta part alors j’ai préféré venir, j’étais inquiète.
S : Oh euh oui, désolé.

La jeune femme vit immédiatement que quelque chose n’allait pas. Elle regarda Sam qui semblait plus qu’inquiet et vit derrière lui Dean, allongé sur le lit, un bandage au niveau du ventre. Elle entra donc dans la chambre.

T : Mon dieu mais que lui est-il arrivé ?
S : Je ne sais pas, je l’ai trouvé dans cet état.
T : Il n’est pas du genre à se laisser avoir par une petite racaille.
S : En effet, je doute que ce qui l’ait attaqué soit humain.
T : Tu crois que c’est ce qui a attaqué les victimes ?
S : Oui, j’en suis persuadé. J’aimerai que Dean se réveille pour que j’ai des informations sur ce qu’il lui est arrivé.
T : Ca va aller, il est fort.

Tamara posa sa main sur l’épaule de Sam, peinée de voir le jeune homme dans un tel désarroi. Il était rassuré par la présence de Tamara car qui d’autre qu’elle pourrait mieux comprendre ce qu’il ressentait. Néanmoins il cherchait tout de même un moyen d’avancer dans leur enquête. Ce fut alors qu’il percuta que Dean avait rendez-vous avec Norma hier soir et qu’il y avait une nouvelle victime. Peut-être y avait-il un lien… A vrai dire il n’en savait rien mais c’était toujours mieux que de rester ici à attendre.

S : Ecoute je vais aller à la morgue, peut-être y aura-t-il de nouvelles informations sur notre enquête. Ca te dérange de rester avec mon frère ? Je ne veux pas que s’il se réveille, qu’il constate qu’il soit seul.
T : Bien sûr Sam, je resterai auprès de lui. Je t’attends.
S : Merci.

Il jeta un dernier regard à son frère mais il partit le cœur presque léger sachant qu’il le laissait en de très bonnes mains.


Une vingtaine de minutes plus tard, Sam se retrouva devant le bâtiment médico-légal de la ville. Il entra et vit que Norma était à son poste. Elle l’accueillit, visiblement tendue.

N : Bonjour, Dean n’est pas avec vous agent Vaughn ?
S : Appelez-moi Sam. Non, mais quand il est parti de chez vous, il ne s’est rien passé d’étrange ?
N : Pourquoi, il lui est arrivé malheur ?
S : Il a été blessé mais ça devrait aller. Que s’est-il passé hier ?
N : Mon ex est arrivé hier soir et il s’est trouvé nez à nez avec Dean. Ils ont failli se battre mais j’ai réussi à éloigner Kevin à temps. Je ne voulais pas que Dean ait des soucis à cause de lui.
S : C’est quoi son nom ?
N : Kevin, Kevin Price.
S : Que savez-vous sur lui ?
N : Et bien je l’ai connu il y a six mois. Il est policier dans la même unité que l’homme qui s’est fait déchiqueter.
S : C’est un collègue de Jack Smith ?
N : Oui, pourquoi ?
S : Vous savez où je peux le trouver ?
N : Bien sûr.

Norma nota l’adresse de son ancien compagnon sur un bout de papier puis le remis au cadet. Soudain le médecin légiste arriva aux côtés de la jeune femme.

S : Je suis l’agent Sam Vaughn, vous êtes le légiste ?
Med : Oui.
S : Vous avez autopsié le corps de la jeune femme décédée cette nuit dans les mêmes conditions que Jack Smith ?
Med : Comment savez-vous…
S : Répondez à la question s’il vous plait.
Med : Oui, enfin plutôt ce qu’il en reste. Suivez-moi.

Sam suivit donc le médecin légiste qui lui montra ce qui restait de la victime. Le cadet ne voulant pas montrer son dégout, se contenta de fixer l’homme.

S : Quelque chose d’anormal ? Mise à part qu’il n’y ait que la moitié de son corps devant nous ?
Med : Eh bien oui. Parmi ces restes, j’ai trouvé une dent humaine.
S : Une dent ?
Med : Bien sûr elle n’appartient pas à la victime.

Sam remercia le légiste et revint vers Norma. Cette affaire était de plus en plus étrange. Les victimes étaient en morceaux comme si elles avaient été attaquées par des grizzlis, ceci dit Dean s’était pris une balle et une dent humaine avait été retrouvée sur le corps de la pauvre jeune femme qui lui avait servi de repas. Norma lui demanda de la tenir informée de l’état de santé de Dean puis il sortit, déterminé à aller voir s’il trouvait des indices chez Kevin. En une dizaine de minutes, il se trouva sur place. Il constata que pour le jeune homme, Norma n’était pas encore une ex car des photos placardaient encore ses murs. Sam vit aussi une photo de Kevin avec Jack, Will et Harry. Ils étaient dans la même unité mais aussi amis semblait-t-il. Toutes ces coïncidences commençaient à s’accumuler, un peu trop même, au goût du cadet. De plus, le jeune homme avait apparemment disparu, ce qui intriguait encore plus Sam. Soudain son portable sonna. C’était Tamara qui le prévint que son frère commençait à se réveiller. Le cadet ne perdit pas une seconde et revint immédiatement au motel.
Quand il entra dans la chambre, il vit Tamara mais le lit où dormait Dean quelques heures auparavant était vide. Avant même qu’il ne demande quoi que ce soit à Tamara, Sam entendit l’eau couler dans la salle de bain. Il ne savait pas s’il devait être content que son frère aille mieux ou en colère car il était déjà debout comme si de rien n’était ! Quelques instants plus tard, Dean sortit de la salle de bain. Il semblait aller mieux mais il faisait attention aux gestes qu’il faisait.

S : Comment tu te sens ?
D : Au poil ! Mais comment tu m’as retrouvé au fait ?
S : Le restaurant où nous sommes allés n’était pas loin de la ruelle où je t’ai récupéré. A vrai dire, le fait que tu sois réveillé va probablement m’aider à y voir plus clair !
D : Ah bah c’est gentil, c’est même pas pour moi mais pour l’enquête que tu t’interroges !
S : T’as fini chochotte ! Bon comment ça s’est passé avec Kevin hier soir ?
D : Mais comment t’es au courant toi ! Oh mais j’y pense, t’as du voir Norma pour savoir ça. Elle va bien ?
S : Oui elle va bien. Tu t’es disputé avec lui c’est ça ?
D : En effet. Et d’ailleurs, c’est peu de temps après que j’ai entendu cette femme crier.
S : Durant ton « repos » j’ai été donc voir le légiste et il a trouvé une dent humaine dans les restes de la victime.
D : Ah c’est dégueu !
T : Le légiste n’a pas pu te donner d’autres informations à ce sujet ?
S : Non. Rien d’autre. Mais j’ai appris que Kevin était un grand ami de nos policiers !
D : De Will et Harry ?
S : Ouais et pour lui ta Norma n’est pas une ex ! Tu verrais les murs de chez lui, ils en sont pleins de photos d’elle !
D : Tu crois que ça pourrait être lui ? Mais d’abord c’est quoi ce mec ou quoi que ce soit ! On a jamais vu ça auparavant ! Et toi Tamara ?
T : Non. J’ai bien pensé à un loup-garou mais…
S : Les cycles lunaires ne correspondent pas du tout.
D : Bon, si on trouvait Kevin pour commencer !
S : Oui, euh attends Dean, j’ai deux ou trois choses à voir avec toi avant…

Tamara sut à cet instant qu’elle allait être de trop dans la pièce. Elle prétexta aller trouver des pistes pour localiser Kevin et sortit de la chambre. Aussitôt, Dean comprit que ce qu’allait lui dire Sam n’allait pas lui plaire.

S : Dean, que tu bois à cause de ce que tu as vécu en enfer, je peux comprendre. Que tu veuilles détruire ton foie à force, je le comprends moins, mais y a quelque chose que j’aimerai savoir.
D : Quoi ?
S : Ca fait déjà deux fois que dans ton délire, tu demandes pardon à papa…
D : C’est rien Sammy…
S : Et c’est qui Shannon ?

Dean resta interdit. Ce prénom lui donna des frissons dans le dos. Il avait tellement déliré que ça ? Mais c’était une histoire qu’il avait enfoui au plus profond de lui ! Le fait d’être dans la ville même où s’était produit cette tragédie avait rouvert la blessure encore apparemment trop fragile. Ceci dit, il n’avait toujours pas la force de tout raconter à son frère. Le poids de la culpabilité était trop fort, trop lourd.

D : Ecoute, j’ai pas envie d’en parler.
S : Mais ça te ronge Dean ! Tu vas pas pouvoir tout porter sur tes épaules encore bien longtemps…
D : (s’énervant) Et bien je tiendrai le temps qu’il faudra ! Nom de dieu si je t’en parle pas c’est parce que je ne peux pas !
S : Tu ne peux pas ou tu ne veux pas ?
D : Peut-être que je ne le veux pas en effet.
S : Alors c’est comme ça maintenant, tu ne me fais plus du tout confiance ?
D : Tu n’étais pas là bordel ! Comment veux-tu comprendre ! Tu avais ta belle petite vie d’étudiant !

Ca y était, les paroles de Dean étaient sorties tellement vite mais aussi naturellement que Sam les prit en pleine figure. Elles l’avaient blessé mais dans un sens, il comprenait que Dean ne veuille pas en parler. Cependant, peu importait ce qu’il se prendrait dans les dents, il fallait que son frère se lâche.

S : Oui mais je suis là maintenant et ça ne sert à rien de te défiler. Dis-moi ce qu’il s’est passé bordel pour que tu puisses enfin tourner la page !
D : Mais je ne pourrai jamais tourner la page ! Shannon est morte par ma faute, tu comprends ça ! Elle est morte Sam et papa ne me l’a jamais pardonné !
S : Mais enfin qui est cette Shannon ?

Dean comprit qu’il en avait dit trop et que Sam ne lâcherait pas l’affaire aussi facilement. Mais tout ce que voulait Dean, c’était d’être tranquille. C’est tout ce qu’il voulait ! Les remords le bouffaient de toutes part et en parler ne faisait que remuer tout ça ce qui rendait Dean encore plus mal à l’aise.

D : Mais c’est trop demander qu’on me foute la paix !

Sur ces paroles, Dean prit sa veste ainsi que ses clés de voiture et avant même que Sam n’ait pu réagir, il claqua la porte puis disparut.


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vane
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MessageSujet: Re: En territoire ennemi   Dim 31 Jan - 19:52

Chapitre 5 : Pris au dépourvu

Sam n’avait encore rien pu faire. Son frère s’était énervé très rapidement et quand Dean était dans cet état, Sam savait qu’il ne pourrait rien en tirer. Néanmoins, il savait qu’il y avait encore une blessure, enfouie tout au fond mais qui n’avait jamais guéri. Sam pensait pouvoir aider son frère, il le méritait. Mais à la place, il avait récolté des reproches qu’il avait du mal à avaler. Il avait donc eu la confirmation que cette fameuse chasse s’était passée lors de ses études à Stanford. Cette absence, Dean venait de la lui rebalancer. Sam pensait que son frère avait accepté qu’il était parti pour avoir une vie à lui. Mais visiblement, ça n’était pas le cas. Mais qu’aurait-il dû faire ? N’avait-il pas le droit à l’époque d’avoir une vie tranquille ? Etait-ce si égoïste de vouloir vivre sa vie et non pas celle de leur père ! Si Dean avait toujours suivi John sans broncher, Sam n’était pas de ce caractère là. Et aujourd’hui, le cadet avait voulu mettre sa vie et ses problèmes de côté pour aider son frère mais le résultat était pitoyable. A cet instant Sam était en colère, contre lui-même, de ne pouvoir aider son frère qui visiblement souffrait, mais aussi contre Dean qui était buté et l’avait blessé avec les paroles qu’il avait dites. Ne voulant pas rester au motel à cogiter sur tout ça, il appela Tamara.

T : Hey Sam, ça va ?
S : Ouais, alors tu as des nouvelles ?
T : J’ai essayé de localiser Kevin avec son téléphone portable mais ça ne donne rien.
S : Et merde. Et personne ne l’a vu à son travail ?
T : Non, j’ai contacté son unité et il est absent depuis ce qu’il est arrivé à Jack Smith.
S : Intéressant. Oh mais attend, il doit avoir une voiture banalisée comme véhicule ?
T : Probablement.
S : De nos jours ils sont tous équipés de traceurs GPS. Ecoute je récupère les coordonnées et je passe te prendre à ton motel.
T : Dean nous accompagne ?
S : Non… je préfère le laisser en dehors de ça pour le moment. A tout de suite.

Sam raccrocha puis se connecta sur le serveur adéquat avec son ordinateur portable. En un rien de temps, il obtenu les informations nécessaires. Il prit tout de même son téléphone portable, consulta son répertoire, mit le curseur sur le nom de Dean et s’arrêta. Il avait dit à Tamara qu’il ne voulait pas déranger son frère avec ça mais il se mit à réfléchir quelques instants. Puis finalement, il finit par mettre le téléphone dans sa poche. Il prit donc sa veste et partit sans attendre.
Les lueurs du jour commençaient à s’estomper quand Dean approcha du cimetière de Spokane. Cela faisait plus d’une heure qu’il trainait dans la ville. La fatigue le tiraillait mais il devait y aller. Il le fallait. Il entra dans le lieu sacré et se dirigea, presque machinalement, devant la tombe de Shannon. Sur la pierre tombale il n’y avait aucune annotation spéciale mis à part son nom. Dean n’y trouva rien à redire puisque c’était lui qui s’était occupé des modalités de l’enterrement à l’époque.


*****************************************************************************
Spokane, cinq ans plus tôt,

John et Dean arrivèrent à Spokane. Le patriarche avait remarqué depuis quelques temps des signes prouvant qu’un démon devait avoir élu domicile dans le coin. Dean commençait un peu à en avoir marre de chasser avec son père ! Il aurait aimé chasser seul, et ce serait lui qui prendrait ses propres décisions. Bonnes ou pas mais il fallait bien commencer quelque part ! Néanmoins, ils arrivèrent au motel et la gérante était charmante, mais un peu trop mûre au gout de Dean. Cependant il voyait que John était légèrement intimidé par cette femme. Dean était sur le cul, John Winchester intimidé ! Alors celle-là, on lui aurait dit, il ne l’aurait pas cru ! Ceci dit, ils se rendirent dans leur chambre où John lui expliqua les informations qu’il avait réussi à récolter.
*****************************************************************************



Dean était toujours devant la tombe de Shannon :

D : Tu m’as fait découvrir en quelque sorte un John que je ne connaissais pas. Oh tu sais je me doute que papa a dû avoir des histoires, il avait beau aimer maman de toutes ses forces, c’était un mec ! Je ne lui en veux pas. Mais ça faisait tout drôle de le voir comme ça et d’ailleurs, je ne me suis pas privé pour l’emmerder avec ca !


*****************************************************************************
John et son fils préparaient les armes dans l’idée de chasser le soir même. John avait trouvé des indices qui menaient à une grotte dans les hauteurs de la colline non loin de la ville. Dean vérifiait avec minutie son fusil à canon scié quand il aperçut son père qui semblait ailleurs.

D : Si tu continues comme ça tu vas te tirer une balle dans le pied !
J : Hum ?
D : Allo John Winchester, ici la terre !
J : T’as fini oui ! Tu devrais faire attention à ce que tu fais !
D : Mais dis donc c’est l’hôpital qui se moque de la charité ! Je me trompe ou tu pensais à notre chère amie Shannon ?
J : Dean !
D : Allez papa, je suis pas bête !

John sourit mais ne répondit pas. Bien sûr que son fils savait qu’il avait le béguin pour cette femme, il était malin, trop même !

J : Bon, repose-toi. On ira chasser d’ici quelques heures.

Dean acquiesça tandis que John sortit, direction l’accueil du motel.
****************************************************************************



Dean était devant cette tombe, silencieux, se sentant plus coupable que jamais. Puis en y repensant, il s’aperçut qu’il avait été un beau salaud avec son frère. Il savait qu’il voulait simplement l’aider. Et puis il avait le droit de savoir. Dean se maudit d’avoir été un incapable et en y réfléchissant, il avait vraiment dit des paroles blessantes à Sam. Il prit donc la décision de revenir au motel afin de s’excuser et peut-être même enfin tout raconter à son frère.



Tamara était au volant de sa Mustang et Sam se trouvait à la place du passager. La localisation de la voiture se trouvait dans un entrepôt en périphérie de la ville. La nuit commençait à s’installer quand ils arrivèrent sur place. Tamara voyait bien que Sam était perturbé par quelque chose et cela devait indéniablement concerner Dean. Mais malgré qu’ils aient beaucoup parlé la veille, là le cadet semblait renfermé et ne voulait apparemment pas en parler. La jeune femme savait que ce n’était que partie remise et que bientôt, il se confierait à elle. Soudain le téléphone de Sam sonna. Il le sortit de sa poche et aperçut qui l’appelait. Ce n’était autre que son frère mais il ne se sentait pas de lui répondre et de devoir s’expliquer sur le fait qu’il était parti chasser sans lui. Il ignora donc cet appel et mit son portable sur vibreur. Il regarda Tamara avec un petit sourire forcé puis ils descendirent de voiture. Ils s’étaient garés à coté du pick-up Chevrolet de Kevin. Il était vide, le moteur était froid et les clés étaient encore sur le contact. Rien ne pouvait dire qu’il serait là mais, et s’il avait un rapport avec la bête ou pire encore, et si c’était lui ! Sam ne saurait pas expliquer cette hypothèse qui n’avait aucun fondement pour le moment mais tout était possible et puis avec tout ce qui était arrivé jusque là, plus rien n’étonnait le cadet. Il rejoignit Tamara qui se trouvait face à son coffre entrain de s’équiper en question. Elle lui proposa des armes mais Sam ne prit qu’un couteau de chasse puisqu’il avait déjà son smith&wesson armé de balles en argent. Puis ils s’approchèrent de l’entrée :

S : Ok, apparemment il y a un étage.
T : On se sépare, ça ira plus vite pour couvrir les lieux.
S : Ok, je vérifie l’étage et tu fais le rez-de-chaussée.
T : D’accord. Sam ?
S : Oui ?
T : Sois prudent tu veux ?
S : Toi aussi. Tu m’appelles si tu trouves quelque chose.

Tamara lui fit un signe de la tête puis elle avança dans le vaste entrepôt. Il y avait des palettes de bois de partout mais aussi curieusement, beaucoup de bureaux. Elle entreprit de se rendre dans chacun d’eux, arme au poing. Elle avançait prudemment mais elle ne sembla rien trouver. De plus, il n’y avait que le silence autour d’elle. Elle persévérait mais elle n’avait pas grand espoir de retrouver Kevin. Elle espérait que Sam aurait plus de succès de son côté.

Sam montait les marches qui grinçaient au fur et à mesure qu’il les grimpait. Il n’entendait rien ce qui, dans un sens, le rassurait. Cela voulait dire que Tamara n’avait aucun problème. Mais dans un autre, il devait mettre la main sur Kevin ! Il devait être impliqué d’une manière ou d’une autre dans cette histoire ! A l’étage, il y avait tout bonnement un débarras, ce qui n’allait pas simplifier les choses pour Sam. Il fit quelques pas et se rendit compte que le plancher n’avait pas l’air très solide. Il avançait donc prudemment car il n’y voyait pas à deux mètres. Soudain, il buta dans quelque chose et manqua de tomber. Il revint en arrière pour voir ce qu’il avait touché et éclaira de sa lampe torche ce qui semblait être des restes humains. Encore une victime, pensa-t-il. Il s’en approcha tout en faisant une grimace de dégoût. Il chercha quelque chose permettant de pouvoir l’identifier puis il vit une plaque. Il la prit dans ses mains et vit le nom qu’il y avait inscrit dessus « Kevin Price SPD ». Sam était quelque peu perdu, lui qui avait mis tous ses soupçons en cet homme, coupable ou non, était à présent la dernière victime en date de cette créature. Retour à la case départ, ce qui n’enchantait pas du tout le cadet. S’il avait bien horreur de quelque chose, c’était d’enquêter sur une affaire qui le dépassait ! Contrairement à Dean qui lui se jetait dans la gueule du loup et trouvait une explication après ! A ce sujet, il devait l’avouer, son frère lui manquait cruellement !
Un grincement le fit sortir de ses pensées. Quand il se retourna vers l’origine de ce son il fut projeté à quelques mètres de là, se réceptionnant sur un bureau qui explosa littéralement sous l’impact. Sam se retrouva donc à terre, le souffle coupé, le dos douloureux et le couteau lui lâcha des mains. Il sentit ensuite une odeur forte et nauséabonde puis il repensa à Will et Harry qui lui avaient décrit ces horribles émanations. Il savait qu’il avait à faire à la créature. D’ailleurs, il l’entendait se rapprocher de lui et à ces sons, il pensa que cette bête devait peser très lourd. Le plancher ne semblait pas aimer tout ce poids et grinça dangereusement. Néanmoins, la créature s’approcha de Sam et le prit par le col. Le cadet ne voyait rien à cause du peu de luminosité mais il se rendait compte que la bête sentait son odeur, comme pour s’en imprégner. Soudain, elle le plaqua contre le mur mais Sam ne voulait pas se laisser dévorer tout cru et frappa de toutes ses forces dans l’abdomen de son assaillant. La créature recula de quelques mètres, sous le choc de l’uppercut.
Le jeune homme sortit donc son pistolet mais quand il visa sa cible, elle avait disparu. Sam était sur ses gardes mais craignait que la bête n’aille attaquer Tamara. Il commença donc à se diriger lentement vers les escaliers. Mais un léger bruit du plancher le fit se retourner immédiatement et il tira dans le tas. Ceci dit, il ne semblait pas avoir touché sa cible et il le comprit d’autant plus quand il sentit les griffes de la créature lui déchirer profondément le dos. Sam retomba lourdement à terre. Il avait mal mais il ne pouvait pas perdre conscience s’il voulait rester en vie ! Il entendait la créature se rapprocher de lui. Il rassembla alors toutes ses forces et se redressa rapidement puis il se jeta sur la créature pour la plaquer. Il l’emmena sur plusieurs mètres puis ils s’écrasèrent ensemble sur le plancher déjà fragilisé. Ils ne purent faire un quelconque geste qu’ils entendirent le plancher se fissurer et céder. Ils chutèrent au rez-de-chaussée. Sam atterrit sur une armoire qui se brisa sous son poids tandis que la bête était projetée quelques mètres plus loin.
Le cadet était complètement sonné et son épaule le faisait horriblement souffrir. Après quelques secondes, il réussit à reprendre ses esprits et comprit d’où venait cette douleur : son épaule droite était légèrement décalée et n’était pas à sa place initiale. De plus il sentait un liquide chaud qui s’écoulait de son arcade sourcilière gauche qui n’était autre que son sang. Il tenta de se redresser mais son épaule et son dos le faisaient énormément souffrir ainsi que son genou qui devait avoir pris un sale coup aussi. Mais il entendit la créature se relever et se rapprocher de lui. Il trouva donc le courage de s’asseoir et scruta l’endroit des yeux afin de trouver quelque chose pour l’aider. Il l’aperçut alors, à un mètre de lui, son smith&wesson ! Il se traina jusqu’à lui tandis que la bête se rapprochait. Il l’entendait, la sentait, il devait se dépêcher, et vite ! Il attrapa l’arme de sa main valide et se retourna. La créature était debout devant lui. Sans attendre, il tira mais ne la toucha qu’au bras. Ceci dit, elle semblait ne pas aimer ça du tout et s’en alla aussitôt. A cet instant, Sam respira enfin en se laissant retomber par terre. Il resta quelques minutes à essayer de pouvoir simplement respirer sans souffrir mais cela s’avérait beaucoup plus difficile que prévu.
Soudain, il percuta qu’il était au rez-de-chaussée et qu’il n’y avait aucune trace de Tamara ! Il l’appela aussi fort qu’il le pouvait mais n’obtint aucune réponse. Il s’assit lentement et prit son portable dans sa poche intérieure qui était, par miracle, en un seul morceau. Il vit alors qu’il avait un sms de Tamara. Il lui disait qu’elle avait entendu un bruit et qu’elle partait à sa recherche à l’extérieur. Sam s’inquiéta alors pour elle. Il essaya de l’appeler mais il tomba sur sa boite vocale. Sam respira un bon coup puis se releva très lentement. Il avait dans l’idée de retrouver Tamara qui devait être partie dans les bois derrière l’entrepôt mais après avoir fait deux pas, il fut pris de violents vertiges qui le forcèrent à s’appuyer contre le mur. Il ferma les yeux et réfléchit. Il ne voulait pas laisser Tamara mais en même temps, il ne pouvait pas faire un mètre sans se tenir au mur. Il retenta de l’appeler plusieurs fois sans succès. Il se dirigea alors vers les voitures. Il s’assit au volant du pick-up et se résigna à rentrer au motel. Dans cet état, il ne pourrait pas lui venir en aide et puis Dean lui permettrait probablement de la retrouver. Il mit le contact et partit le cœur serré. Il tenta tout le long du trajet de rester focalisé sur la route et non sur ses propres souffrances. Soudain il reçut un autre sms de Tamara lui disant qu’elle n’avait rien trouvé et qu’elle rentrait au motel. Il sourit puis lui répondit dans le même sens. Il était soulagé et un poids venait de s’envoler. Après quelques minutes, il arriva sur le parking du motel.


Dean avait essayé de joindre son frère il y avait une heure. N’ayant pas de réponse de sa part, il n’insista pas, pensant qu’il lui en voulait encore pour ce qu’il lui avait dit quelques heures auparavant. Suite à cette tentative, Dean s’était assis dans le fauteuil de la chambre et contrairement à ce qu’il avait prévu, la fatigue l’avait emporté. Il se réveilla donc une heure plus tard et constata que son frère n’était toujours pas rentré. Cela commença à l’inquiéter sérieusement. Il se leva doucement, sa blessure au ventre le rappelant à l’ordre. Il fit les cents pas avant de se décider à rappeler son frère. Alors qu’au téléphone il entendait la tonalité, de l’autre côté de la pièce, il discerna la sonnerie de son cadet. Ne comprenant pas ce que cela voulait dire, il se dirigea vers la porte d’entrée et l’ouvrit. Il se trouva nez à nez avec Sam qui s’appuyait comme il le pouvait sur le chambranle. Dean lâcha immédiatement son téléphone et aida son frère à entrer. A peine il le toucha que Sam gémit.

D : Oh mon dieu Sam ! Mais… dis moi où tu as mal ?
S : Euh, je sais pas.

Soudain les jambes du cadet se dérobèrent sous lui et il faillit s’affaler par terre. C’était sans compter sur Dean qui le retint de peu. Sam était conscient mais ses blessures le faisaient trop souffrir pour qu’il ne puisse avancer de lui-même. L’ainé le prit alors comme il le put malgré les gémissements de son frère et l’allongea sur son lit. Le jeune homme se mit debout afin de voir l’étendu des dégâts.

D : Bon dieu Sam ! Mais où t’es allé te fourrer !
S : Kevin…
D : C’est lui qui t’as fait ça ? Putain je vais lui défoncer sa…
S : Mort…
D : Il est mort ? C’est toi qui l’as tué ?
S : Non… la bête…
D : Oh bon dieu t’as eu de la chance de t’en tirer vivant ! Et merde, mais t’es fou ou quoi !
S : S’il te plait Dean…
D : Ouais, euh, t’as raison… excuse-moi.

Le cadet soupira. Il avait l’impression d’avoir retrouvé son frère.

D : Bon, c’est pas tout Sammy, mais faut que je te soigne. Je vais m’occuper de ton épaule en priorité. Et pour ça, faut que tu t’assieds.

Le cadet grimaça, cette idée ne l’enchantait guère mais il savait qu’il n’avait pas le choix. De plus il sentait progressivement qu’il ne tarderait pas à s’évanouir et il devait rester éveillé quand Dean lui remettrait l’épaule en place histoire de savoir s’il avait bien fait la manipulation. L’ainé n’attendit pas et aida son frère à s’asseoir tant bien que mal sur le lit. Il lui retira sa chemise et son t-shirt. La luxation n’était vraiment pas belle à voir et il ne pourrait pas l’utiliser avant un petit moment s’il ne voulait pas avoir de séquelles. Dean remarqua au passage les couleurs violacées qui ornaient les côtes de Sam mais aussi les griffures sanguinolentes qu’il avait dans le dos. Puis il regarda son frère qui lui fit signe qu’il était prêt et puis de toute façon, il n’avait pas le choix. Dean n’attendit pas plus pour lui remettre l’épaule en place ce qui valut au cadet un hurlement.
L’ainé eut vraiment mal pour lui car il savait la douleur que ce genre de blessure provoquait. Une fois ceci fait, il l’allongea de nouveau puis lui demanda où il avait véritablement mal. Le cadet lui montra son genou et son dos. Dean déshabilla purement et simplement son frère pour ne le laisser qu’en boxer et voir ainsi les blessures comme il le fallait. Le genou gauche avait tout bonnement doublé. Dean continua de lui parler tout en allant dans la salle de bain pour nettoyer toutes les plaies. Mais ce dont il avait besoin, c’était des glaçons. Il dit à son frère qu’il revenait immédiatement et partit voir le gérant pour qu’il lui donne ce dont il avait besoin. L’homme ne résista pas à la vue d’un Dean déterminé. Quelques instants plus tard, il revint auprès de Sam. Mais ce dernier avait perdu connaissance. Pas étonnant dans l’état dans lequel il était. Dean prit alors une serviette, mit des glaçons à l’intérieur et enveloppa le genou du cadet avec. Puis il recommença l’opération en posant la serviette glacée sur son épaule meurtrie. Ensuite il badigeonna une compresse d’eau oxygénée et l’appuya sur son arcade sourcilière. Une fois le saignement terminé, il lui mit des strips afin de refermer la plaie. Il mit son frère sur le côté afin de pouvoir nettoyer et panser correctement les griffures dorsales. Pour terminer, il banda du mieux qu’il put les côtes de Sam. Voilà, il avait fait son travail de grand frère, même s’il aurait dû être là pour son cadet quand il avait été attaqué par cette chose. Dean était à présent remonté comme jamais ! Cette créature, quelle qu’elle soit allait payer le prix fort pour toutes ces souffrances qu’elle leur avait fait endurer, parole de Dean Winchester.


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